David
David, Laurence (notre secrétaire) et son mari.
Le bureau de l'Amical du Centre. Le père Natalino, directeur, est celui de droite...
David et Mme Calvin, épouse de notre homme à tout faire...Bonjour à tous et à toutes!
Bon, je me suis dit qu’il était temps que j’ajoute de quoi à ce blogue, même si je ne suis pas certain d’avoir bien des choses passionnantes à dire – dommage, n’est-ce pas?
Permettez-moi, cependant, de jubiler (le terme n’est pas trop fort!) par rapport à la température locale! Le temps continue à être clément, Dieu merci, car le soleil brille presque tous les jours, et le mercure atteint rarement les trente degrés. Les matinées peuvent être un peu brumeuses, comme on peut s’y attendre à une altitude de 700 mètres, surtout si la nuit a été fraîche. Après tout, c’est l’hiver ici aussi, et il peut ne faire que 19 C ou 20 C la nuit. On me dit que ça peut baisser jusqu’à 14 C, mais ça n’a pas encore été le cas. Sans doute un résultat de l’effet de serre! La brume, lorsqu’il y en a, se dissipe vers les 8h, et là, on voit le soleil, à moins que la présence d’un nuage de poussière ne le cache. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de journées très chaudes – je le sais, car je n’ai pas ressenti le besoin de changer de chemise au courant de la journée!
En parlant de poussière, il y en a partout. Les chemins sont poussiéreux et le passage de voitures, bien sûr, fait en sorte que la poussière monte partout, même le long des grand-routes pavées (bitumées, comme on dit ici). Il faut sans cesse brosser son pantalon afin de présenter une allure quelque peu respectable. Les difficultés de la vie, je vous le dis. Et pour ajouter du piquant à votre vie, je suis certain que vous serez heureux de savoir que je garde une éponge au bureau pour répondre à ce besoin important.
Je crois vous avoir parlé, dans mon dernier blogue, du petit problème qui s’était présenté par rapport à la conception de documents pédagogiques. Au moment où j’écris, rien n’a encore été résolu. Évidemment, il y a deux gouvernements concernés par cette affaire et – j’en sais quelque chose! – ça prend bien du temps pour que les questions soient résolues à ces niveaux. D’autant plus que c’est encore plus lent ici que chez nous, alors vous voyez…
La fin de semaine du 25 janvier a été très sociable. Le tout a commencé le jeudi, en effet, lorsque j’ai invité un de mes collègues à venir souper chez moi. Christian, un jeune homme de trente ans, est l’un des techniciens qui sait régler les problèmes touchant les ordinateurs. Il le fait très bien – ça doit être le cas, car je comprends ses explications. Passons. La raison pour l’invitation – s’il faut une raison pour inviter du monde – c’est que j’avais négligé de l’inviter au mois de décembre, lorsque j’avais fait la fête pour pendre la crémaillère dans mon appartement, et je me sentais un peu coupable, pour en dire le moins. J’ai aussi invité son frère cadet, Hermann, qui en est à la fin de sa formation au Centre. Je ne m’étais pas rendu compte avant le début de cette semaine-là que ces deux étaient frères, et il n’aurait pas été de mise d’inviter l’un sans inviter l’autre. Ce n’est qu’au souper que j’ai appris que Christian lui aussi est étudiant et est en stage au Centre (c’est là qu’il a également suivi son cours). Découverte amusante, pour ma part, car je n’avais eu aucun besoin de me sentir coupable de ne pas l’avoir invité au mois de décembre! Enfin, ce n’est pas grave, la soirée a été très agréable, car Christian n’a pas la langue dans sa poche. Je leur ai servi un ragoût de bœuf sur du riz qu’ils ont eu l’air d’apprécier (M. David, c’est africain, miam!). J’ai aussi eu l’honneur de rencontrer leur mère (c’est compliqué, mais c’est ça l’Afrique) qui assistait à une veillée de deuil à la chapelle du Centre. Les jeunes hommes n’habitent pas avec leur mère (c’est trop loin, m’ont-ils dit), mais, évidemment, puisqu’elle était dans les environs, elle voulait les voir. Christian n’était pas trop certain quoi faire, alors je lui ai dit de l’amener à l’appartement (elle a téléphoné pendant que les jeunes hommes étaient ici), alors c’est ce qu’il a fait. Elle n’est pas restée longtemps, le temps d’avaler une bouteille de tonic Schweppes, et elle est repartie pour rendre visite à sa sœur qui venait d’être hospitalisée, avant de retourner à la veillée de deuil. Très gentille, la madame.
Il restait beaucoup de nourriture, et comme je ne pouvais pas envisager manger le tout, j’ai invité les jeunes hommes à revenir le vendredi midi pour vider les plats. Christian ne pouvait pas venir, mais Hermann s’est fait un plaisir d’avaler la moitié de ce qui restait, et est reparti en disant qu’il reviendrait le soir pour vider tout ça. Pauvre p’tit chou…
Ce vendredi-là était le dernier du mois de janvier, et j’ai décidé que j’offrirais une tournée à mes collègues – quelque chose que je ferai sans doute à chaque moi, car c’est très agréable, ça fait une sortie! Sortir bouaire avec les gâhs (et une femme) le vendredi souaire, m’enfin… Mon Dieu, mais que ça boit! J’arrive à peine à ingurgité une bouteille de bière (des grandes, remarquez) pendant qu’eux en avalent trois (le contenu, pas les bouteilles). Je crois qu’on me pense très sobre (comme un père, sans doute); je ne suis pas certain que ce soit un compliment, mais je leur ai dit qu’il ne faisait pas encore assez chaud pour que j’ai envie de plus de bière, ce qui n’est pas vraiment faux. Ceux qui me connaissent savent que, au Canada, j’achète une caisse de bière (15 bouteilles) au début du mois de juillet, et qu’il en reste encore le 1er septembre… des petites bouteilles, en plus! Tout ça pour dire que, à la fin de la sortie, je m’apprêtais à partir, armé d’une lampe de poche (il faisait noir, et je ne voulais pas tomber dans un des nombreux trous), mais il n’était pas question pour mes collègues de me laisser rentrer tout seul comme un grand. Christian, qui était de la partie (c’est pour ça que je croyais qu’il faisait partie de l’équipe du Centre) a été délégué pour me raccompagner, surtout que c’était sur son chemin. Évidemment, je l’ai invité à venir finir la nourriture qui restait, car son frère m’avait téléphoné pour dire qu’il ne pouvait pas venir après tout. Le temps que Christian finisse le tout, il était dix heures, et l’heure de dodo pour le pépère, même un vendredi souaire!
Le samedi, le parcours habituel a été suivi. Un petit tour dans les magasins de centre-ville pour me ravitailler, avec Njikam, mon taximan attitré. Ce dernier s’est morfondu en excuses, car il était arrivé avec un quart d’heure de retard, faute d’un accident de la circulation qui avait causé un embouteillage. Normalement, il m’appelle s’il a du retard, mais il avait oublié de recharger son téléphone, le pauvre. Il se fait un orgueil d’arriver à l’heure quand il vient me chercher (l’heure des blancs avec vous), à condition que nous ayons convenu d’une heure précise. C’est délicieux de le voir arrêter la voiture devant la barrière à la minute exacte, tout comme moi. Comme toujours, une matinée agréable passée avec lui, car après les courses, nous rentrons en suivant différents chemins, ce qui me fait découvrir la ville de plus en plus.
Puis, le samedi après-midi, je suis sorti rencontrer le tailleur du coin, à qui un de mes collègues m’avait présenter plus tôt pendant la semaine. Vous serez ravis et ravies, j’en suis certain, d’apprendre que je maigris – c’est voulu, rassurez-vous. Puisque mes pantalons se tiennent à peine autour des hanches (si, si, je vous le jure! Le régime alimentaire a un grand succès), je me suis dit que je devais en avoir de nouveaux, un peu plus serrés, ce qui m’encouragerait à poursuivre de devenir un pépère élancé (enfin, on peut espérer…). J’ai apporté un de mes pantalons pour servir de modèle, et j’en ai commandé deux, ainsi que deux shorts (que je mets en rentrant [un seul, remarquez] afin de « balayer » mon pantalon poussiéreux) et une autre robe de chambre, genre caftan, avec du tissu que j’avais acheté, 12 $ pour 6 yards (eh oui, c’est un pays métrique, mais le tissu spécial se vend en mesures anglaises!). J’ai bien une robe de chambre avec moi, mais il faut bien la laver de temps en temps. Quelle vie compliquée je mène : le matin, enlever le pyjama, mettre la robe de chambre, allumer le chauffe-eau, boire un thé ou deux pendant que le chauffe-eau fait son affaire (enfin…), la douche, le ballet, s’habiller et, au retour à la maison, mettre un short, et, en soirée, après la douche et le ballet du soir, la robe de chambre afin de prendre la dernière tasse de thé avant d’aller me coucher. Il faut bien se tenir occuper dans la vie…
Le samedi soir (on est toujours le samedi 25 janvier), le Centre avait organisé la fête annuelle pour le personnel, à laquelle j’ai été invité. Je devrais dire que c’est « L’Amicale de Don Bosco » qui offrait la fête. Cette association regroupe la majorité du personnel. Lorsque j’ai appris qu’il y avait une cotisation, j’ai offert de contribuer, même si je ne suis pas officiellement un membre du personnel. Il a été décidé rapidement que je pouvais devenir « membre honoraire », moyennant la cotisation, et cet événement a fait l’objet de toasts toute la soirée. Très agréable, avouons-le. Le carton d’invitation à la soirée avait indiqué que la fête commençait à 18h précises, donc je me suis présenté à l’heure indiqué, mais si je savais mieux que ça! J’avoue avoir été impressionné par la mention « précises ». Je me suis donc joint aux quatre personnes qui se trouvaient là, et nous nous sommes plantés devant un téléviseur qui avait été planté au milieu de la cour centrale du Centre. La raison? L’équipe nationale de football (soccer) du Cameroun affrontait ce soir-là, la Zambie, dans le cadre des « poules » qualificatives pour les quarts de finales de la Coupe d’Afrique des Nations. Il était évident que la soirée n’allait pas commencé avant la fin du match, match considéré très important, car le Cameroun avait perdu devant l’Égypte (1 – 5) quelques jours auparavant, ce qui était perçu comme un affront à la gloire nationale, les Lions du Cameroun étant l’une des meilleures équipes nationales de l’Afrique. Enfin, le Cameroun a remporté cette partie, heureusement, 5 – 1 (je vous jure), à la grande joie de tout le pays (cris de joie, danses improvisées, klaxonnement de voitures, etc.). Pour en finir avec l’histoire du foot, le Cameroun a aussi remporté son match suivant et s’est qualifié pour les quarts de finales. Les deux semaines à venir seront soit passionnantes, à condition que le Cameroun remporte toutes les parties, ou très douloureuses (presqu’un deuil, je vous le dit) si le Cameroun perd. Si j’ai l’air de savoir de quoi je parle, c’est que c’est contagieux…
À la fin du match ce samedi soir, la plupart des convives étaient arrivés. Nous étions en tout une soixantaine de personnes, y compris le père Natalino, le directeur du Centre, dont la barbe scintillait pour l’occasion. Des discours, la présentation des nouveaux membres du bureau, y compris l’auteur de ce blogue qui a eu la surprise de se voir nommé « conseiller honoraire ». Une photo a été prise, que vous voyez ici, ainsi que deux autres prises au cours de la soirée – une de moi qui danse avec Mme Calvin, épouse de l’homme à tout faire du Centre, et l’autre de moi avec Laurence, notre secrétaire, et son mari. On a servi un très bon repas, même si j’ai dû refuser un plat de manioc, aliment que j’arrive avec difficulté à avaler. Il y a eu une cérémonie où on donnait des cadeaux (on ne m’a pas expliqué pourquoi). Bref, une belle soirée, mais je me suis esquivé tôt, vers minuit.
Quelle vie de fou je mène! Le dimanche a été de tout repos, quoique mes deux jeunes hommes se sont présentés vers 16h30, à ma grande surprise. Enfin, je n’aurais pas dû être surpris, puisque je leur avais dit qu’ils seraient toujours les bienvenus! Étant donné l’heure, j’ai supposé qu’ils espéraient trouver de quoi manger (très flatteur, avouons-le). Les deux vivent avec un autre frère, se partageant un appartement (probablement une seule chambre, à vrai dire), et j’imagine que les fonds manquent parfois, surtout vers la fin du mois. De toute façon, c’était agréable de les revoir, et ils ont passé le temps à lire mes vieux Jeune Afrique et aussi des bandes dessinées qui traînaient pendant que je préparais le repas. J’ai préparé un couscous, car j’avais acheté, par hasard (et par goût!) des merguez le jour précédent. Cette fois-ci, à la fin de la soirée, je les ai renvoyés chez eux avec les restes du souper dans un petit plat. Le plat m’est revenu quelques jours plus tard, accompagné de deux ananas. J’ai dû leur dire que c’était mon fruit préféré, et il y en a beaucoup, tout autant que les oranges, les mandarines, les pamplemousses et autres fruits tropicaux.
Une vie passionnante, hein? Il faut dire que cette fin de semaine sociable m’a permis d’oublier pour un bout de temps les grandes questions de la vie, dont l’une se rapporte aux ongles d’orteils. Je suis certain que cela vous intéresse grandement, mais je vais vous ennuyer quand même! Il faut savoir (enfin, vous survivrez sans le savoir…) que mes ongles d’orteils sont très, très durs, et il est très difficile de les couper (tailler serait peut-être un meilleur verbe). Malheureusement, je n’ai pas avec moi une paire de ciseaux assez forts pour s’y attaquer, ni un coupe-ongle qui pourrait faire l’affaire. J’ai un coupe-ongle pour les ongles des doigts, soyez sans crainte, mais celui-ci ne peut pas trancher les ongles d’orteils qui doivent tremper pendant un bon trois quarts d’heure avant de devenir un peu dur seulement, au lieu de dur comme du granit. Et non, je n’arrive pas à trouver de ciseaux à ongles à Yaoundé – j’ai cherché, j’ai cherché. On peut en trouver, mais toujours à même une trousse qui contient toutes sortes d’instruments de torture pour la manucure, et ça coûte les yeux de la tête. J’attends maintenant avec impatience l’arrivée de ciseaux en provenance du Canada, envoyés par ma douce moitié (sans doute bien enveloppés) via un collègue consultant qui vient faire un tour à Yaoundé pour le projet. En attendant, les ongles d’orteils poussent – heureusement que je porte des sandales et que c’est la saison sèche, car je ne suis pas certain de pouvoir mettre mes souliers en ce moment. Je n’ai pas encore rejoint le record pour le livre Guinness, mais ça ne devrait pas prendre trop de temps!
Comme je vous dis, une vie palpitante!
Ciao!
David
No comments:
Post a Comment