Bonjour!
Incroyable, mais vrai! Me voici de retour après un peu plus de trois mois de silence (du moins, à l’écrit). Comme le temps passe vite, surtout quand on vieillit…
Certains d’entre vous auront pris connaissance des informations qui s’afficheront ici, puisque vous avez eu la chance (?) de me voir au courant du mois d’août. Mais vous pouvez toujours sauter des bouts du narratif…
Je vous ai quittés à la mi-juin, ayant enfin aménagé dans ma nouvelle maison, ayant licencié les trois vigiles qui me causaient du souci et en pleine préparation d’une longue formation que je devais offrir à la fin juillet. J’avoue que la planification qu’a demandée cette formation m’a pris plus de temps que j’avais anticipé. La difficulté, de mon point de vue, était d’aménager les différentes activités que j’envisageais animer (ainsi que leur contenu pédagogique) de sorte qu’un group hétérogène d’enseignants puisse en bénéficier. Comme vous le savez tous, mes antécédents se situent au niveau de l’enseignement des langues secondes, et tout en acceptant que les principes pédagogiques de base appuient tout enseignement, leur application doit varier. Et comme je n’avais jamais eu affaire avec des enseignants de couture, menuiserie et ébénisterie, métallerie ainsi que les technologies de l’information et de la communication, cela me posait un certain défi. En plus du personnel enseignant du Centre, un certain nombre de conseillers pédagogiques venant du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ont assisté à la formation, ainsi que des enseignants d’un autre établissement qui offre de la formation en TIC (eh, oui, on forme même la concurrence!). Il devait y avoir quarante-deux participants, mais certains ne sont jamais présentés, d’autres ne venaient pas tous les jours et en moyenne, il y avait trente-deux personnes tous les jours. La formation a duré quatre jours, très intensifs, et semble avoir bien passé, malgré mes inquiétudes. Le dernier jour de la formation se trouvait à être le 31 juillet, date de mon départ pour le Canada – je parle de ce voyage un peu plus tard.
Le demeurant du mois de juin a été calme – la maisonnée fonctionnait comme sur des roulettes, sous la gestion efficace de Judith et la bonne humeur constante d’André. Frédéric, que j’avais embauché pour un mois d’essaie lors du déménagement, travaillait assez bien. Je crois qu’il a trouvé difficile d’agir en tant que vigile de jour, lui qui avait été gestionnaire dans une agence d’autobus auparavant. Ayant mené des enquêtes discrètes à son sujet, j’ai découvert qu’on l’avait remercié pour détournement présumé de fonds. Vous comprendrez que ce n’était pas une bonne nouvelle! De plus, il faut dire que je ne me sentais pas à l’aise quand il était là (même avant d’apprendre la nouvelle), du fait de son comportement très obséquieux (très huileux, dirais-je), a fait en sorte que je l’ai remercié à la fin du mois d’essai, prétextant un manque de fonds pour continuer à verser le salaire d’une quatrième personne. C’était d’ailleurs vrai, car les mois de juin et juillet ont été difficiles du point de vue financier, car le déménagement avait quand même coûté un peu, et j’attendais des infusions de fonds venant du Canada suite à la perte de mes cartes. Frédéric était un peu surpris et déçu, bien sûr, de ma décision, mais il n’en a pas fait cas. Il me reste donc Judith, André et Oumarou (le vigile de fin de semaine), et ça marche plutôt bien comme ça. André, suite à sa propre proposition, travaille du lundi au vendredi, vingt-quatre heures sur vingt-quatre (il a le droit de dormir quand Judith est là!), et Oumarou prend la relève pour les fins de semaine. Je ne sais pas ce qui arrivera si l’un d’eux tombe malade, mais on verra bien en temps et lieu. L’ambiance à la maison est à l’agréable tout le temps, et de mon point de vue, c’est l’essentiel!
Pas grand-chose n’est arrivé pendant le reste du mois, mais je me dois de vous raconter une petite sortie que j’ai faite à à peu près ce moment-là, dans les environs de la ville. Roger, dont vous reconnaîtrez le nom pour l’avoir lu dans mes autres communications, m’a téléphoné un jour pour me demander si je voulais aller me balader avec lui, car il devait faire une livraison pour le directeur du Centre. Bien sûr, j’ai accepté, ne voulant pas refuser l’occasion de voir un petit plus de la ville et de ses environs. Roger est donc passé me chercher, et après un petit bout de temps, nous avons quitté l’asphalte pour suivre un chemin de terre, avons retrouvé de l’asphalte et de nouveau un chemin de terre. Il a fait sa livraison, et, le rusé, m’a dit « Tandis qu’on est dans le coin, j’aimerais bien rendre visite à quelqu’un. » Cela ne me posait aucun problème, et peu après, ayant suivi un autre chemin de terre, m’a mené devant une maison délabrée et m’a présenté à une dame qui, avec son mari, gère un orphelinat pour quarante-deux enfants, âgés de 6 mois à 17 ans. Son mari et elle avait commencé ça il y a quelques années et, bien sûr, était à la recherche de fonds. On m’a fait visiter les lieux, et on m’a fait remarquer les lacunes à combler. C’était évidemment un exercice pour que mon cœur verse des larmes (succès) et aussi pour que ma bourse verse des sous (pas de succès encore). Mon Dieu, qu’est-ce qu’on fait quand les gens sont convaincus que je suis la Banque mondiale et le Fonds monétaire international tout en un? Le plus grand besoin se trouve à être une fosse septique pour des toilettes – pour l’instant, les enfants servent du ruisseau au fond du jardin, dans lequel ils se lavent également et duquel ils retirent l’eau pour la cuisson. Ils se servent également du jardin, où ils plantent par la suite les légumes qu’ils consommeront plus tard. Le trou pour la fosse septique a déjà été creusé par les enfants et de l’aide bénévole, et il reste maintenant à trouver l’argent pour compléter le travail. « Par hasard », il y avait un devis tout prêt que je pouvais consulter – la coquette petite somme de 900 $ pour le matériel nécessaire. J’ai dit à Roger que je verrais ce que je pourrais faire, que ça ne se ferait pas vite, et, surtout, que je n’avais pas des sommes infinies à dépenser. Mais vous avez bien deviné, mentalement, je suis décidé à au moins d’aider l’orphelinat pour ça, mais rien d’autre (ça n’en finirait plus… ). Si, par hasard, le cœur vous en dit de m’aider dans cette besogne, vous pouvez faire des dons en les envoyant à Marion, qui se fera un plaisir de me faire suivre l’argent. Aucune pression, mes amis, tout simplement un plaidoyer! (marion.macfarlane@gmail.com)
Passons maintenant au mois de juillet!
Pauvre Njikam! Il m’a téléphoné au début du mois pour me dire que son taxi avait été volé (braqué, comme on dit ici). Il paraît qu’il avait prêté la voiture à un ami qui voulait faire un peu d’argent, et ce dimanche soir-là, l’ami avait été la victime d’un vol à main armée. Pauvre type… cela est arrivé à 19h, ce qui est très tôt dans la nuit pour un tel événement. Njikam, vous vous l’imaginez, était dans tous ses états puisque le taxi lui permettait de vivre assez bien. De plus, il s’agissait de sa propre voiture qu’il venait tout juste de finir de payer. Malheureusement, elle était en bonne état, ce qui a dû attirer les braqueurs. Bien sûr, les autorités ont été avisées, et tout et tout, mais aucune chance de retrouver le véhicule. Njikam a gardé espoir pendant deux semaines, mais en vain. Quand on vole des voitures ici (et j’imagine ailleurs, aussi!), on la démonte et la remonte, ou on la vend en pièces détachées. Et il est facile ici de falsifier tout ce qui touche les papiers de voiture, alors… Le pauvre Njikam était au bord du désespoir, surtout qu’il devait se marier à la fin du mois de juillet. Finalement, après deux semaines, il s’est trouvé du travail comme chauffeur avec un propriétaire de plusieurs voitures. Je crois qu’il trouve cela difficile d’être employé, lui qui avait l’habitude de gérer tous les aspects de sa vie. Et oui, la voiture était assurée, mais il n’a rien reçu, car on lui a dit que c’était de sa faute de conduire un taxi la nuit (!) et de l’avoir prêté à quelqu’un d’autre. Le pauvre homme!
Le mariage de Njikam a quand même eu lieu à la fin juillet et s’est bien passé. J’avais été invité à assister à toutes les festivités entourant cet événement, mais finalement, je ne suis monté que pour un jour, les finances étant à leur plus bas. Njikam vient de Foumban, une ville d’environ 150 000 habitants située à environ 300 km de Yaoundé, un peu au nord de Douala. J’y suis allé en autobus, toute une expérience! Les festivités commençaient le vendredi, mais les cérémonies officielles (civile et religieuse) ont eu lieu le samedi après-midi. J’avais découvert que la durée du trajet était d’environ cinq heures, et j’ai décidé de prendre l’autobus de 7h, le premier du jour, qui me déposerait à Foumban à midi. Hé, hé… Njikam, bien sûr, était monté à Foumban plusieurs jours plus tôt, et Simplice m’a amené à l’agence d’autobus le samedi matin, pour y arriver à 6h, heure à laquelle s’ouvraient les guichets (impossible de réserver à l’avance, ça ne se fait pas!). Ayant acheté le billet, j’ai attendu l’heure de monter à bord de l’autobus, un machin très moderne, qui était bel et bien sur place. Et j’ai attendu, attendu… Simplice avait décidé d’attendre le départ de l’autobus et me tenait compagnie, et lorsque j’ai remarqué à 7h15 qu’on n’avait pas encore commencé à laisser monter les passagers, il m’a expliqué que c’était normal – on attendait que tous les billets aient été vendus avant d’embarquer le monde. Le nombre officiel de passager était 70, et j’avais acheté la place numéro 11… Finalement, à 8h30, nous sommes partis! Tout de suite, on s’est arrêté pour acheter du carburant, ce qui a pris pas mal de temps, et d’accepter à bord un policier qui s’est fait transporter gratis. Sa présence, cependant, a rendu le voyage un peu plus agréable, puisqu’à chaque barrage de police le long de la route, il n’avait qu’à montrer son visage à la portière pour que l’autobus puisse continuer son chemin. Normalement, à ces barrages, la police fait descendre tout le monde pour vérifier les papiers et peut parfois exiger qu’on ouvre tous les bagages. Officiellement, la police est à la recherche de contrebande, mais s’attend à ce que les passagers se cotisent pour offrir une somme importante pour éviter tout le chambardement. Comme tous les voyages en transport en commun, il y a eu plusieurs arrêts le long de la route, l’arrêt urinaire (c’est comme ça qu’on l’a appelé) le long de la route dans les champs, ensuite un arrêt pour se désaltérer, et, vers la fin du voyage, des arrêts pour laisser descendre des passages qui n’allaient pas jusqu’au bout du voyage. En général, le voyage a été agréable, même s’il pleuvait un peu à mesure que nous nous rapprochions de Foumban, car il pleut beaucoup dans l’ouest du pays.
Enfin, je suis arrivé à Foumban à 14h30, ayant manqué la cérémonie civile, hélas. J’avais téléphoné à Njikam pour l’aviser de mon retard, car il s’était occupé de trouver quelqu’un pour m’accueillir à l’agence d’autobus, un peu à l’extérieur de Foumban, et je l’ai appelé à mon arrivée. À ma grande surprise et à ma grande gêne, Njikam lui-même s’est présenté pour me chercher, dans la voiture louée pour son mariage, et accompagné de sa nouvelle épouse, Alima, et deux filles d’honneur, ainsi que le chauffeur de la voiture! Vite, assis aux côtés de Njikam et de son épouse, nous nous sommes rendus au village de cette dernière, à une vingtaine de kilomètres de Foumban, où devaient se passer les cérémonies traditionnelles. Je n’ai pas eu la chance de me changer à ce moment-là, moi qui avait fait faire un habit spécial à l’africaine pour l’occasion, utilisant du tissu dont le motif avait été choisi par les mariés. J’ai eu le temps de me changer au village un peu plus tard, heureusement. Après tout, il faut bien s’intégrer comme un peu, malgré d’être un visage pâle!
Le village d’Alima est situé dans la forêt, et presque tous les habitants s’étaient réunis pour a cérémonie. En premier lieu, le nouveau couple s’est assis au salon de la salle communale, sur un divan/sofa/canapé en cuir, et a reçu tous ceux qui sont venus leur offrir des vœux. Environ trente minutes plus tard, Alima a été escortée à la maison de ses parents, où elle a changé de tenue pour délaisser sa robe blanche et s’habiller de façon traditionnelle. C’est à ce moment que j’ai pu changer de vêtements moi-même (ailleurs, bien sûr!), puisqu’il y avait environ une heure avant le début de la prochaine séquence de la cérémonie. Une fois bien habillé, je suis retourné à la salle communale, Njikam m’accompagnant partout, et où se trouvaient tous les hommes invités à la cérémonie. Des chaises et des fauteuils avaient été placés le long des murs, et une rangée de chaises faisait face à l’un des murs. On m’a montré à ma place, d’où je pouvais tout bien voir, et Njikam s’est assis à la place qui lui était assigné. Nous avons attendu l’arrivée de l’Imam du coin (Njikam et sa nouvelle épouse sont musulmans). L’homme, d’un âge impressionnant, est finalement arrivé et la cérémonie a commencé. Il s’agissait de l’oncle de la mariée qui a annoncé que la famille avait trouvé un mari convenable en Njikam, et qu’elle était prête à permettre à Alima de l’épouser. Il faut comprendre que le couple avait décidé d’eux-mêmes de se marier, mais dans la tradition, c’est la famille de l’épouse qui aurait choisi le futur mari sans que la jeune fille le rencontre avant le mariage. Tout cela se passait dans la langue locale, avec des bribes d’interprétations à mon intention. Le père de la mariée a aussi fait un discours, et tout d’un coup, Njikam s’est levé pour venir me dire que son beau-père tenait à me remercier pour l’honneur que je faisais à la famille d’assister à la cérémonie (il faut dire que cela rehaussait la réputation de Njikam). Évidemment, il a fallu que je réponde à ce discours, en disant que l’honneur était tout pour moi et combien j’avais été touché par l’accueil qui m’avait été réservé. Un peu gênant, à vrai dire… Enfin, la cérémonie a continué, et nous a annoncé, finalement, qu’Alima était prête.
Nous nous sommes donc rendus à la maison de la famille de la mariée, non loin de là, et Njikam, qui porte normalement des babouches (sandales non fermées), avançait péniblement dans ses souliers très étroits et pointus. Certains d’entre vous se souviendront peut-être de cette mode dans les souliers dans les années 60? Pas très confortable, si je me souviens bien, mais un style toujours populaire ici. Alima était assise sur le plancher du salon de la maison familiale, complètement recouverte d’un tissu superbe. Dans l’ancien temps, m’a-t-on dit (il y a à peine trente ans!), il y aurait eu plusieurs filles sous la couverture, et Njikam aurait eu à trouver sa promise en touchant les différentes têtes qui y étaient cachées. Chaque erreur lui aurait valu une « amende » à payer à la mariée. Enfin, ce n’était pas le cas ici! Le père d’Alima a prononcé un discours, expliquant que Njikam avait demandé Alima en mariage et avait offert une dot acceptable. Njikam s’est ensuite approché d’Alima pour lui offrir une somme symbolique, qu’Alima a accepté, signe qu’elle acceptait l’offre de mariage, et à ce moment-là, le tissu qui la recouvrait a été retiré pour qu’enfin on puisse la voir. Au même instant, toutes les dames de la maisonnée se sont mises à émettre des cris de joie, sauf la mère de la mariée, qui, selon la tradition, devait pleurer la perte de sa fille, ce qu’elle a fait très bien! Le père a escorté sa fille hors de la maison pour la dernière fois, et l’a donné à Njikam. Cette partie de la cérémonie est importante, car cela veut dire qu’Alima appartient maintenant à Njikam et ne peut rentrer voir sa famille sans la permission de son nouveau mari.
Nous devions rentrer à Foumban, d’où vient Njikam, pour l’arrivée officielle de la mariée au sein de sa nouvelle famille. Il n’y avait pas assez de voitures pour ramener tout le monde en même temps, donc nous avons attendus que les deux voitures disponibles fassent des allers-retours. J’ai contribué à l’achat de carburant (heureusement que j’avais apporté de l’argent avec moi, au cas où!), et Njikam et moi ont été parmi les derniers à partir. Nous avons passé le temps au salon d’un des oncles, et il était près de 20h avant que la voiture ne revienne nous chercher. Njikam commençait à s’impatienter, car nous avons dû attendre près de quatre-vingt-dix minutes. Nous avons appris par la suite qu’une des voitures avait eu un petit problème mécanique, vite réglé, et que le chauffeur n’avait pas l’argent pour s’acheter des crédits pour son téléphone… m’enfin…
Finalement, nous sommes arrivés à Foumban à 20h45, et Njikam m’a amené à l’hôtel qu’il avait trouvé pour moi, non loin du quartier où habite sa famille. Chaque membre de la famille a un terrain sur lequel peut être construite une maison. L’Hôtel du Prunier rouge n’était pas mal, si on réfère aux standards africains – une grande chambre, un peu délabrée, certes, mais propre, draps propres et même une salle de bains privée, avec de l’eau courante et une toilette qui fonctionnait. Il y avait même un chauffe-eau, mais il n’était même pas branché… pas grave! Ayant déposé ma valise, nous nous sommes rendus dans les maisons de la famille de Njikam, saluant tout le monde, y compris l’oncle âgé de 92 ans. Un petit repas a été servi, ainsi qu’une boisson gazeuse. Je ne peux pas vous dire ce que j’ai mangé, sauf que c’était un tas noir de quelque chose, mangé avec une sauce et du riz. Pendant ce temps, Alima se faisait accueillir par les femmes de la famille (la pauvre, elle commençait à faire pitié), et à un certain moment, nous nous sommes rendus à la maison où elle se trouvait. Là, Alima attendait Njikam pour lui offrir un verre à boire, symbole qu’elle promettait de bien s’occuper de lui, et puis nous sommes allés au salon où on devait danser. La musique était sur CD, ce à quoi je m’attendais. En aparté, il faut dire que Njikam avait planifié louer les services d’un groupe musical et avait laissé de l’argent à cette fin avec un de ses frères, qui a dépensé l’argent pour ces propres besoins... Pauvre Njikam, pas un bon
mois pour lui, du moins du point de vue financier, surtout que la somme était quand même importante, environ 250$. Enfin… Les dames s’étaient mises à danser, et je n’étais pas certain si les hommes avaient le droit de le faire, puisque, outre le photographe, Njikam et moi étions les seuls hommes présents. Quand j’ai vu le photographe danser, je me suis lancé de façon distingué (hem), jusqu’au moment où Njikam m’a dit que c’était l’heure de quitter les lieux.
Il était 1h du matin à ce moment-là, et j’étais pas mal fatigué, et j’ai demandé la permission de rentrer à l’hôtel pour dormir, surtout que je devais partir tôt le lendemain pour rentrer à Yaoundé. La permission ayant été accordée, je me suis écroulé sur mon lit pour très bien dormir.
Le lendemain matin, le ciel était au gris avec des percées de soleil, et j’ai eu l’occasion d’admirer les paysages autour de l’hôtel. C’est très beau, et je compte retourner à Foumban pour une bonne visite un jour. C’est une ville historique ainsi qu’un centre artistique et j’ai bien hâte de m’y retrouver. L’autobus de 8h est parti à 10h, et j’étais de retour à Yaoundé à 18h, le temps de m’occuper des derniers préparatifs pour la formation qui commençait le lendemain.
C’est le jeudi 31 juillet que j’ai pris l’avion pour rejoindre Fredericton, un voyage de trente heures, si on tient compte des escales. Je suis rentré le 1 août à minuit, et les trois semaines qui ont suivi ont été un tourbillon d’activités, pour en dire le moins. Il y avait le nouveau petit-fils à admirer, né le 19 juillet (Loïk Baden Alexandre), la visite de notre fille Sonja, en provenance de Vancouver, ainsi que la visite de Stella, la mère de Marion, qui en était à la dernière semaine de son séjour au Canada. Le dimanche, nous recevions du monde, et la journée du samedi a été passée dans les préparatifs. On avait espérer pouvoir recevoir nos hôtes au jardin, mais, hélas, la pluie s’est mise à tomber un quart d’heure avant le début de la fête, et nous nous sommes tous trouvés à l’intérieur. Malgré cela, ça été un moment agréable pour tous (du moins, je l’espère!), et j’ai beaucoup apprécié revoir tous les amis dont certains sont venus d’un peu partout pour l’occasion. Le demeurant de cette première semaine a filé, car j’avais des rendez-vous un peu partout, et nous avons fait des petites promenades en voiture aux alentours de Fredericton.
Le samedi, une semaine après mon arrivée, Sonja est repartie pour Vancouver, et Marion, Stella et moi nous sommes rendus à Halifax, d’où Stella prenait l’avion pour l’Écosse le dimanche. Nous avons passé la journée du dimanche à se promener – Peggy’s Cove en matinée, et les jardins du centre-ville l’après-midi, où jouait un orchestre sous un soleil battant. C’était une bonne façon de passer la dernière journée de Stella sur le sol canadien, pas trop fatigant pour l’aïeule (pardon, Stella!) avant son envolée vers l’Écosse. Le vol de Stella devant partir vers 21h, nous avions décidé, Marion et moi, de prendre une chambre à l’hôtel de l’aéroport, plutôt que de rebrousser chemin. Heureusement! L’enregistrement des voyageurs a commencé quatre heures avant le vol, et ayant été parmi les premiers, nous nous sommes ensuite rendus à l’hôtel pour y prendre le repas du soir, et offrir à Stella l’occasion de se reposer un peu avant le départ. De retour à l’aéroport à 20h, nous avons appris que le vol avait été retardé jusqu’à 22h. Et un peu plus tard, 23h. Vers 22h15, Stella et Marion se sont dirigées vers la salle d’embarquement, car Marion avait reçu un laissez-passer pour accompagner sa mère jusque-là – et Stella avait accepté de prendre place dans un fauteuil roulant pour l’occasion! À 23h15, Zoom Airlines (maintenant déchue) a annoncé le report de son vol jusqu’au lendemain matin, 11h! Heureusement que Marion était avec sa mère, parce que normalement, nous aurions déjà été loin de l’aéroport. La ligne aérienne faisait de son mieux pour loger tout le monde, mais comme nous avions déjà une chambre, nous avons pu ramener Stella (et ses bagages) à l’hôtel sans aucune compensation, la ligne aérienne estimant que Stella avait de l’hébergement « local ». Heureusement que nous n’avons pas dû attendre, car certains passagers ont dû passer la nuit à l’aéroport, faute de chambres à Halifax.
Le lendemain, le départ a eu lieu tel que prévu, et Marion et moi sommes rentrés à Fredericton, trop tard, malheureusement, pour se joindre au repas prévu avec des amis.
Le mardi, notre périple a commencé. Notre destination finale était Guelph, où habite mon père, et nous nous sommes arrêtés en route pour rendre visite à plusieurs personnes. Nous avons passé la première nuit à Lévis (en face de Québec) chez un de mes cousins, pour nous rendre ensuite à Montréal, en passant chez des membres de la famille. Ce soir-là, qui était un mercredi, nous avons mangé au restaurant éthiopien à Montréal, soirée agréable avec des amis de longue date et le jeudi, nous nous sommes rendus à Toronto, où nous sommes arrivés en fin d’après-midi. Visites agréables chez des amis, et l’occasion de voir mon frère Ronald le vendredi soir avant son départ pour la Sierra Leone le lendemain, où il allait offrir une formation pendant trois semaines. Le samedi nous a trouvés à Guelph, et nous sommes repartis le lundi pour rentrer à Fredericton, en nous arrêtant en route.
Le mercredi, arrivés à Fredericton vers 18h, nous avons eu droit à une grande nouvelle! Jonathon annonçait qu’il partait poursuivre ses études afin d’obtenir une Maîtrise en études Shakespeariennes, programme offert dans la ville natale du célèbre dramaturge et poète, Stratford-upon-Avon, par l’Université de Birmingham. Il s’agit d’un cours intensif de 12 mois. Jonathon avait été accepté au programme il y avait un an, mais n’avait pas réussi, à ce moment-là, de recueillir le financement nécessaire. Un an de plus de travail acharné au Superstore, quelques arrangements financiers par-ci, par là, et le voilà capable de suivre son rêve! Évidemment, nous sommes très, très heureux pour lui! Il part pour l’Angleterre le 22 septembre…
Les derniers jours de mon séjour au Canada se sont vite passés, moments agréables avec la famille et les petits-enfants et le dimanche, j’ai rebroussé chemin pour Yaoundé, arrivant le lundi soir. Je suis rentré travailler dès le lendemain, car j’avais une autre formation à offrir le jeudi. Vous allez penser que je n’ai que ça à faire… La maison était toujours là, aucun évènement néfaste ne s’était produit pendant mon absence, et j’ai vite repris le petit train-train de ma vie quotidienne.
Du côté de la maisonnée, comme je l’ai dit plus tôt, tout va bien. Judith s’est trouvée une petite chambre à louer non loin d’ici et ne demeure plus avec sa nièce à l’autre bout de la ville. Elle continue régulièrement d’aller rendre visite à ses enfants et les nièces et neveux dont elle a la charge à Ebolowa et Douala. Une des chambres de la maison est devenue son fourre-tout – à ce que je puisse voir, elle possède sept valises, toutes pleines de vêtements. Elle n’a pas d’espace pour garder ses effets dans la chambre qu’elle louée. Elle est allée même à proposer, un jour, qu’elle emménage tout simplement dans la chambre. Pas question, ai-je dit… non, mais, franchement…!!!
André continue à chanter et à sourire; son épouse (enfin, la principale) et leurs trois enfants vivent dans la maison à côté et passent une grande partie de la journée ici, ce qui a pour conséquence d’apporter un peu d’animation aux lieux. Les enfants sont très bien élevés et leur présence ne pose aucun problème. Cyrille, l’aîné, va commencer l’école demain (avec deux semaines de retard, mais ce n’est pas grave), tandis que les deux autres seront à la maison. Une chose amusante s’est passée pendant mon absence. Vous vous souviendrez que le troisième enfant est né au mois de mai, et le père a finalement décidé de son nom. Le pauvre petit chou a été nommé (acte de naissance faisant foi) Macfarlane David, rien d’autre. Dans l’ethnie d’André, c’est le père qui nomme l’enfant à son gré, et l’habitude n’est pas de donner le nom de famille du père. C’est tout un honneur et, bien sûr, une obligation à long terme pour moi… ah! Ils sont rusés…
Le travail continue à s’avérer intéressant – un certain nombre de consultants canadiens sont passés pour apporter leur soutien au projet, et l’un d’eux, Lorio Roy, que certains d’entre vous connaissent, est ici pour encore deux semaines. Cela me tient occupé et m’offre aussi l’occasion de socialiser en soirée de temps en temps, ce qui est toujours agréable!
Nous sommes en pleine saison des pluies, donc on ne voit pas souvent le soleil, mais la pluie a tendance à tomber la nuit, ce qui est bien, car cela permet aux chemins de sécher avant le début de la journée.
Voilà! Vous êtes à jour – je ne sais pas à quand le prochain affichage, mais je tenterai d’ajouter au site de façon assez régulière à l’avenir – mais ce n’est pas une promesse!
Ciao!
David
Wednesday, September 24, 2008
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